Trail des Glaciers de la Vanoise 2026 : le jour où j'ai failli abandonner.
Il y a des courses que l'on termine avec les jambes. Et d'autres que l'on termine avec la tête.
Le Trail des Glaciers de la Vanoise (TGV) fait partie de celles-là. Avec ses 72,5 km, 3 718 m de dénivelé positif et un passage à près de 2800 mètres d'altitude, cette course m'a poussé dans mes retranchements.
Entre un passage à vide où j'ai sérieusement envisagé d'abandonner, une rencontre qui a changé le cours de ma journée et de nombreux enseignements sur le matériel, la nutrition et la préparation, voici le récit d'un ultra-trail qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.
Mis à jour le 13 juillet 2026
Rédigé par Louis Gronemberger
Temps de lecture : 5 minutes
Une course qui commence avant le départ
La veille, lors du briefing à Pralognan-la-Vanoise, le ton était donné : forte chaleur annoncée et vigilance maximale en haute montagne. Le réveil sonne à 3 heures du matin et, malgré un chalet situé à seulement quelques minutes du départ, nous arrivons sur la ligne… une minute avant le coup de pistolet.
Parti tout au fond du peloton, je passe près de quatre heures à remonter progressivement les coureurs. Sans jamais m'emballer, je retrouve rapidement un bon rythme et intègre le top 100. Les sensations sont bonnes et la journée semble bien lancée.
Le matériel : une nouvelle confirmation pour WISE
Quelques semaines après le SkyTour des Matheysins, je retrouvais WISE Ultra Running sur le village de la course. C'était l'occasion de repartir avec leur sac et leur short de trail, que j'avais déjà beaucoup appréciés.
Une nouvelle fois, les sensations ont été excellentes. Le sac reste parfaitement stable, même sur les portions techniques, sans ballottement ni sensation de compression. Le short s'est montré tout aussi confortable pendant les longues heures d'effort.
En revanche, cette course m'a rappelé une réalité importante : sur un ultra de plus de douze heures, aucun matériel n'est totalement neutre. Une fois la ligne d'arrivée franchie, les zones de contact des flasques sur les côtes étaient bien marquées. Ce n'est pas un défaut du sac, mais simplement la conséquence d'un équipement porté pendant une durée extrême. En tant que kinésithérapeute, c'est un rappel intéressant : plus l'effort dure, plus les points de pression deviennent sensibles.
La nutrition : le terrain gagne toujours
En ultra-trail, le plan nutritionnel parfait n'existe pas.
Sur le papier, tout semblait fonctionner. Mais après plusieurs heures de course, mon corps ne voulait plus entendre parler de gels. J'aurais clairement dû prévoir davantage d'aliments solides et salés pour casser la monotonie.
Autre enseignement : toutes les boissons ne passent pas de la même manière. Les poudres Naak, que je découvrais sur cette course, ne m'ont malheureusement pas convenu, notamment à cause de leur texture très mousseuse.
Cette journée m'a rappelé une règle essentielle : tout doit être testé en conditions réelles avant une compétition, et la diversité alimentaire devient indispensable au-delà de huit à dix heures d'effort.
Le kilomètre 40 : quand tout bascule
Le moment le plus difficile n'a finalement pas été un col ou une montée.
Entre le kilomètre 39 et le kilomètre 49, j'ai tout simplement perdu l'envie de continuer.
Je me suis assis face à la vallée. Je regardais les autres coureurs me dépasser pendant que je répondais, presque automatiquement, que je profitais simplement du paysage.
Au fond, j'étais surtout en train de me demander si je n'allais pas abandonner.
La rencontre qui a changé ma course
C'est à ce moment-là que Nicolas est arrivé.
Nous avons discuté pendant une vingtaine de minutes. Lui aussi préparait des ultras avec peu de relief autour de chez lui. Je lui ai expliqué que je pensais arrêter au prochain ravitaillement.
Il ne m'a pas convaincu avec un grand discours. Il m'a simplement aidé à remettre les choses en perspective : j'avais encore largement le temps de terminer la course.
Ces quelques minutes ont suffi.
Sans cette rencontre, je suis persuadé que je ne serais jamais allé au bout.
Cette expérience m'a rappelé qu'en ultra-trail, le mental ne consiste pas à ne jamais douter. Il consiste à réussir à traverser ces moments de doute, parfois grâce aux personnes croisées en chemin.
Les derniers kilomètres et ce que cette course m'a appris
Il restait encore un dernier col à franchir, plus de 1 000 mètres de dénivelé positif, puis une longue descente jusqu'à Pralognan.
Les jambes étaient lourdes, les émotions aussi. J'ai même pleuré dans cette dernière descente, sans vraiment savoir pourquoi. Pas de tristesse, simplement ce mélange de fatigue, de soulagement et de fierté que connaissent beaucoup de traileurs au terme d'un ultra.
En franchissant la ligne d'arrivée, le chrono importait finalement assez peu. Ce qui comptait, c'était d'avoir continué alors que quelques heures plus tôt, j'étais prêt à abandonner.
Cette course m'a rappelé que la performance ne dépend jamais uniquement de la condition physique. En ultra-trail, la gestion de l'effort, la nutrition, le matériel et le mental sont indissociables. Et parfois, quelques mots échangés avec un inconnu peuvent suffire à changer l'issue d'une journée.
Conclusion
Le Trail des Glaciers de la Vanoise restera sans doute comme l'une des courses qui m’a le plus appris.
Pas seulement sur le trail, mais aussi sur moi-même. Cette journée m'a rappelé qu'une performance ne dépend jamais uniquement de la préparation physique. Elle repose sur un équilibre entre le corps, la nutrition, le matériel, le mental… et parfois sur une simple rencontre au bon moment.
Le prochain départ est déjà dans un coin de ma tête. Et cette fois, je glisserai sans doute un peu plus de fruits secs et un tube de crème Nok dans mon sac !